Amicale des Eleveurs de Passereaux (AEP)

Le diagnostic des maladies
Par Lionel Durochat


Chaque année, beaucoup d'oiseaux meurent de maladies qui auraient pu être évitées si leur propriétaire avait pensé à prendre plus tôt de meilleures précautions préventives. On ne parle jamais très facilement des maladies possibles de l'oiseau, surtout quand on sait que certaines d'entre elles peuvent décimer un élevage en quelques semaines. Malgré tout, il est absolument nécessaire de connaître ces problèmes, non pour les combattre mais au moins pour les éviter, ce qui est préférable. Il est primordial de détecter, dès les premières heures, l'apparition d'une maladie, pour avoir le plus de chance possible de l'éradiquer très rapidement de l'élevage.

Le début d'une maladie se traduit souvent par une série de symptômes généraux, qui, même s'ils ne permettent pas d'identifier la cause de la maladie, pourront déclencher chez le propriétaire une première réaction pour éviter la transmission à l'élevage entier. Ces symptômes très faciles à identifier sont :

- Des plumes ébouriffées ;
- La tête dans les ailes ;
- Des yeux éteints et à moitié fermés ;
- Un appétit anormal (perte ou excès) ;
- Des souillures au cloaque ;
- Une respiration courte et saccadée ;
- Un oiseau plus ou moins somnolent et apathique, qui bouge très peu.

Dès qu'un oiseau devient suspect, il est nécessaire de l'isoler rapidement et de procéder à un examen de surface simple en observant les muscles pectoraux, l'état des plumes, les plaies éventuelles, le bec, etc.

Les symptômes sont parfois tellement clairs que la cause de la maladie est facile à détecter, et qu'on peut agir immédiatement. Dans la plupart des cas toutefois, le diagnostic n'est pas possible et certains éleveurs n'hésitent pas à avoir recours soit à un vétérinaire, soit à un laboratoire d'analyses pour identifier l'origine de la maladie des oiseaux.

Une autre technique permet de diagnostiquer une maladie : c'est l'autopsie. Elle permet souvent d'expliquer la mort de l'oiseau par des indices anatomiques, par l'observation des organes internes, mais demande quelques connaissances afin de pouvoir en tirer des informations sans trop de risques d'erreurs. La nécessité d'une autopsie est souvent commandée par l'urgence, en raison d'une infection brutale dans l'élevage. Il s'agit donc d'une fine observation des organes internes pour y découvrir une anomalie et donc pour mettre sur pied aussi vite que possible un traitement le plus spécifique. Nous n'aborderons pas ici les détails du déroulement de l'autopsie ; un dossier spécial y sera consacré plus loin.

Nos principaux ennemis : les microbes


1) les moisissures
Ce que nous appelons familièrement pourritures ou moisissures sont en fait des champignons. Ces organismes sont hétérotrophes, c'est à dire qu'ils se nourrissent de matière organique (le plus souvent morte), Ces moisissures peuvent donc être parfois bénéfiques en débarrassant le milieu des déchets morts, mais elles s'avèrent souvent dangereuses et pathogéniques : elles sont responsables de maladies de la peau, de certaines intoxications alimentaires par une nourriture rance, de contaminations entre individus d'une volière, etc. Un environnement chaud et humide favorise le développement des moisissures.

2) les bactéries
Les bactéries sont des organismes unicellulaires procaryotes (noyau cellulaire mal différencié), bien plus dangereux pour l'éleveur d'oiseaux : bien qu'elles ne soient pas toutes redoutables (certaines souches sont en symbiose dans les intestins), la plupart sont des parasites provoquant des maladies parfois mortelles : salmonellose, pseudotuberculose, colibacillose, entérite nécrotique, tuberculose aviaire, etc.

Ces maladies doivent être combattues très tôt dans leur évolution par des antibiotiques, ce qui engendre souvent une destruction totale des bactéries du corps, y compris celles qui sont utiles. Leur utilisation, qui doit s'effectuer avec précaution, doit être justifiée et correctement dosée. Après un traitement antibiotique, on préconise l'utilisation de probiotiques, compléments alimentaires qui permettent de régénérer la flore intestinale composée de bactéries symbiotiques.

L'une des plus dangereuses bactéries est le colibacille (Escherischia coli). Ses victimes sont principalement les jeunes oiseaux au nid : alimentation par une nourriture avariée ou de mauvaise qualité, local mal entretenu et avec une mauvaise hygiène, courants d'air, surpopulation, etc. facilitent la contamination des oisillons. La manière la plus sûre de lutter contre cette maladie mortelle est la prévention en conservant les oiseaux dans les meilleures conditions de vie possible : nourriture fraîche et de bonne qualité, hygiène parfaite des locaux et faible densité d'oiseaux. Les oiseaux atteints, se sentant malades, demandent moins de nourriture et s'affaiblissent pour finalement mourir au quatrième jour. Les colibacilles contaminent les intestins où elles se multiplient en sécrétant des toxines et des matières nocives : on observe des diarrhées persistantes qui détruisent petit à petit la paroi intestinale, d'où des infections sanguinolentes et des fientes liquides très nauséabondes. La contamination des oisillons d'un nid est presque toujours totale, et il est indispensable de penser à une désinfection complète de la cage.

3) les virus
Ces êtres sont à l'origine de nombreuses maladies chez l'homme (rougeole, sida, oreillons, fièvre jaune, variole, rhume, grippe, paralysie infantile, etc.) comme chez les oiseaux (variole, pseudo-peste aviaire, ornithose, etc.).

Beaucoup de ces maladies à virus sont difficiles à traiter. Les virus, d'une taille d'environ 40 nanomètres (1 nm = 10-9 m = 0,000000001 m) peuvent être décrits comme une sphère de protéines variées contenant une molécule d'acide nucléique (ADN, ou ARN pour les rétrovirus) qui supporte le patrimoine génétique du virus, indispensable pour sa multiplication dans l'animal infecté. Le développement des virus dépend complètement du métabolisme des cellules contaminées chez l'hôte.

La pharmacie des éleveurs

- Les produits d'urgence : alcool à 70° ; eau oxygénée (attention à ce que les oiseau n'en absorbent pas pendant les soins sous peine de conséquences graves) ; mercurochrome ; liquide de Dakin ; coton ; coupe-ongles ; ciseaux coupe-bagues ; ciseaux forts et fins.

- L'anti-stress : dans le cas de changement de volière, d'oiseaux fraîchement importés, de concours, d'un déménagement, etc. Un produit, comme SANTALINA K3 (disponible chez CDL), agit sur le système neurovégétatif. On en donne pendant 4 ou 5 jours dans l'eau de boisson.

- Les vitamines : il existe de nombreux produits multivitaminés fiables disponible chez différents laboratoires. Ayant des compositions différentes, on peut les donner en les alternant, afin qu'ils se complètent.

- Les sels minéraux : les grits, les os de seiche et les blocs minéraux sont indispensables aux oiseaux. Cependant, pour une bonne croissance, le rapport calcium/phosphore doit être équilibré, d'où l'intérêt parfois d'ajouter à la pâtée des produits créés dans ce but. D'autres produits fournissent aux oiseaux les oligo-éléments (cuivre, magnésium, etc.).

- Les vermifuges : ils sont indispensables pour tous les becs crochus, assez peu utiles aux becs droits. D'autres produits combattent d'autres parasites, comme les poux.

- Les antibiotiques : il est bon d'avoir en réserve un antibiotique à large spectre d'action, performant dans de nombreuses situations. Attention aux dates de péremption !

En conclusion : mieux vaut prévenir que guérir

Il existe toute une série de règles à considérer qui, une fois respectées, contribueront à éviter des accidents tragiques.

- Conserver les nouveaux oiseaux en quarantaine, principalement ceux qui proviennent directement d'importation : ces oiseaux, qui peuvent paraître en forme lors de l'achat, sont susceptibles de garder en état de latence des parasites ou une infection grave qui ne se déclarera que plus tard.

- Dès qu'un oiseau semble suspect, l'isoler rapidement, et le placer dans une pièce chaude, ou mieux dans une cage-hôpital comportant une lampe à infrarouge ou tout simplement une lampe 100W. Cette cage dont la taille sera adaptée à la taille des oiseaux à soigner, sera construite en Plexiglas, en bois ou en verre et possédera un double fond grillagé pour éviter les salissures des plumes de l'oiseau. La lampe pourra monter la température intérieure jusqu'à 30 à 40°C (attention à bien ventiler l'espace interne et à contrôler régulièrement la température pour ne pas risquer un accident mortel). Après guérison, le retour aux conditions normales se fera très doucement (baisse progressive de la température).

- Supprimer les volières surpeuplées, les enceintes fermées humides, les courants d'air, les régimes trop monotones (par exemples des graines seulement), une hygiène bâclée, etc.





© Amicale des Eleveurs de Passereaux 2003-2018. Reproduction interdite.
Copyright Dépôt
00036381